Journal de confinement jour 1

Mardi 17 Mars 2020,

Ce matin j’ai encore la chance de pouvoir aller travailler. Le noctilien est un peu moins plein que d’habitude mais j’ai, pour une fois, immédiatement une place assise.

Arrivée au travail on me dit que ça ne durera pas, un de nos postes encadrants à déjà demandé à ses aiguilleurs de rester chez eux. Bon je verrais plus tard avec le chef, 4h40 c’est un peu tôt pour angoisser.

Avec ma collègue on parle de comment on va s’organiser, chacune de son côté mais après le quatrième « non moi je vais chez mes parents ils sont justes à côté de chez moi en plus, mais toute seule je ne pourrais pas. Tu vas tenir toi ? T’aime pas être chez toi en plus » je dis que je ne veux plus en parler.

Parce que non je ne sais pas si je vais tenir. J’ai effectivement déjà du mal à passer 24 heures d’affilées chez moi sans sortir, là imaginer que ça va durer plusieurs jours m’angoisse terriblement. J’essaie de relativiser un peu comme je l’ai fait lundi avec la Psy. « Il faut que vous appreniez à ne rien faire, à prendre le temps ». Oui bah que je l’apprenne ou pas je n’ai pas trop le choix.

Mais on verra le moment venu, pour l’instant j’imprime des autorisation de sortie et j’en pré-rempli pour ma grand-mère à qui je vais en déposer en sortant du travail, un dernier petit tour à Paris avant je ne sais quand.

En rentrant j’essaie de m’occuper comme si c’était un jour normal, je fais quand même une liste de « chose que je ne ferais pas s’il n’y avait pas de confinement » ; parce qu’en faisant des listes, ça ira forcément bien.

Et puis à 16h17, sms du chef, le poste ferme jeudi matin pour une durée indéterminée, il ne me reste donc qu’un jour de travail. Je le redoutais autant que je l’attendais. Okay il faudra bien penser à vider le frigo demain et… J’ai la gorge qui se serre et les yeux qui se brouillent de larmes, je repense au message que l’Amoureux m’a envoyé hier

« Tu ne le sais peut-être pas mais moi je le sais que tu es courageuse »

Alors je souffle un bon coup et j’essaie de l’être, au moins un peu.