Journal de confinement jour 12

Samedi 28 mars 2020, mais les autres jours aussi

 

JE. NE. SERS. À. RIEN.

Comme ça c’est dit. Je ne suis ni une bonne amie, ni une bonne amoureuse, ni une bonne auteure, bonne à rien.

Bien sûr quand on me pose la question et que j’y réfléchis deux minutes, évidement que non ce n’est pas vrai c’est juste un ressenti que j’ai quasi constamment. Mais encore faut-il se poser la question.

Parce que se défaire de ses croyances c’est dur, c’est inconfortable cette période où on ne sait plus quoi penser.

Pourquoi est-ce-que j’en suis arrivée à penser ça ? Je ne sais plus vraiment, ça fait trop longtemps.

Peut-être que j’en attend trop de moi-même, que je manque d’indulgence ? Peut-être que si je me laisser échouer je verrais que ce n’est pas si grave. Qu’on s’en remet, que ça permet de progresser.

Car en plus de ne servir à rien je ne sais rien faire de bien. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai, je crois.

Par contre ce qui est vrai c’est que je suis très complexé par mon intelligence et ma culture. Je sais que c’est impossible mais j’aimerai tout savoir, savoir tout faire, tout comprendre.

Mais dans le même temps j’ai tellement peur d’échouer, ou simplement de ne pas y arriver du premier coup, que je ne me lance que trop rarement dans de nouvelle choses, tout semble tellement compliqué.

C’est une peur paralysante qui n’a comme seul effet qu’un peu plus d’autodépréciation et de découragement. Parce qu’il n’y a aucun autre risque. Je ne risque rien à réessayer quelque chose jusqu’à y arriver, l’époque des mauvaises notes et des sanctions qui vont avec est révolue (et bizarrement quand j’y étais confrontée, je m’en foutais un peu)

Je ne risque rien… à condition de me fixer des objectifs réalisables (non un mois pour apprendre le serbe avec un méthode Assimil, sans personne avec qui parler régulièrement n’était pas une bonne idée)

Et pourtant j’ai envie de faire des choses, plein de choses. Que je ne fais pas parce que je ne pourrais ne pas y arriver et que quelque part dans mon esprit cette perspective soit catastrophique.

Et ça crée un manque. Que je comble en ingurgitant une grande quantité de produits culturels, parfois jusqu’à l’indigestion. Ça occupe l’esprit et ça donne une impression de culture. Mais je les consomme sans rien en faire derrière. Pas tant parce que je n’en ai pas envie mais surtout parce que je trouve que c’est un peu vain. Créer une chaîne youtube ou un blog pour parler de cinéma, oui pourquoi pas, c’est tellement original, mais déjà que j’ai supprimé ma chaîne de cuisine parce que tellement d’autres gens le font tellement mieux que moi que ça ne servait à rien de s’acharner alors pourquoi se lancer dans un projet perdu d’avance ? Pour les mêmes raisons l’existence de ce blog est souvent remise en cause, parce qu’internet regorge de chose de qualité que je ne me sens pas vraiment légitime à garder ma toute petite place. Je me fais un peu violence pour ce blog parce qu’internet est grand et que bien qu’on y trouve beaucoup de qualité on y trouve aussi beaucoup de choses médiocres. Je peux donc tenter de me fondre dans la masse. Internet est suffisamment grand pour tout le monde.

Alors oui sur papier, posée tranquillement c’est facile à dire. Mais si je n’avais qu’un message à me faire passer ce serai : Ta gueule et sois bienveillante avec toi bordel !

Soyez bienveillant envers vous-même, surtout en ce moment.

En tout cas moi je vais essayer, et c’est déjà un bon début 😉

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