C’était toi ou moi _ Partie 2

VIII

Les semaines qui ont suivi ma petite promenade amicale ont été assez monotones. Je ne savais pas quoi penser, notamment à propos de l’injection, je doutais que cela puisse être autre chose qu’une injection mais étais-tu réellement capable d’aller jusque-là ? Jamais je n’aurais eu le courage de te poser la question. Tu semblais t’être donné le défi de m’accorder le moins d’attention possible, me parlant que lorsque tu n’avais pas d’autres choix.

Tu sortais aussi plus souvent, me laissant seul, parfois des journées entières, attaché au radiateur, avec un simple seau pour mes besoins, de quoi boire et grignoter un peu quand tu savais que tu partais plusieurs heures et à peine un mètre de chaîne pour que je puisse me dégourdir les jambes.

J’acceptais la punition elle se justifiait totalement aux vues de ma désobéissance, j’étais l’unique responsable de ma situation et je le regrettais chaque jour. Même si voir monsieur Galite m’avait fait très plaisir rien ne valait tes attentions envers moi et dont ma stupidité me privait.

Un samedi soir je t’ai entendu rentrer vers vingt-trois heures, tu étais partie en fin d’après-midi non sans me jeter un regard de dégoût au moment de fermer la porte. Il m’a semblé t’entendre parler à quelqu’un mais souvent, après de longues heures de silence j’avais l’impression d’entendre des voix. Mon hypothèse a semblé se confirmer car tu es venue me détacher et m’as dit d’aller dans ta chambre.

Nous n’avions pas fait l’amour depuis si longtemps, j’étais soulagé que ma punition soit enfin levée. Du moins c’est ce que je croyais, avant même que je puisse m’asseoir sur le lit tu m’as désigné le fauteuil d’un geste sec, tu m’as dit de me taire et de ne pas bouger. Tu m’as mis un cachet dans la bouche pour me relaxer et soulager mes membres qui avaient souffert après toutes ces heures entravé. J’ai obéi en silence même si des tas de questions se pressaient dans ma tête.

Un homme est ensuite entré dans la chambre, nu, il était plus grand que moi, et plus musclé évidement. Son regard sombre ne m’inspirait pas confiance mais jamais tu n’aurais permis à quelqu’un de me faire du mal. Il t’a pris contre lui pour t’embrasser et commencer à te déshabiller. J’ai voulu protester mais si ma bouche s’est ouverte aucun son n’en est sorti.

Vous avez commencé à vous caresser, plus il te touchait, plus mes ongles s’enfonçaient dans mes paumes. C’est un spectacle que je ne supportais pas. Te voir prendre du plaisir avec un autre m’était intolérable et tu faisais en sorte de pouvoir me regarder pleurer, quelles que soient vos positions. Enfin, tu ne me regardais pas vraiment, tu prenais trop de plaisir avec lui et en me faisant souffrir. Tu ne simulais pas, je n’avais jamais vu autant de satisfaction sur ton visage. Je ne sentais plus mes doigts tant ils étaient enfoncés dans ma chair. Bizarrement je me sentais comme endormi, amorphe, si j’avais voulu me lever je crois que je n’aurais pas réussi.

Je n’ai eu le droit de retourner dans ma chambre qu’après de longues minutes de supplice, je me suis enfoui sous ma couette, tête dans l’oreiller pour étouffer mes sanglots. Mon état quasi léthargique m’a cependant aidé à m’endormir rapidement. Je me suis réveillé lorsque tu es venue te coucher contre moi. Tu empestais son odeur. Je revoyais les images, vos gémissements n’avaient pas quitté mon esprit. Tout tournait dans ma tête sans que je puisse y faire quelque chose.

Tu as appuyé sur ma tête pour que je descende au niveau de ton bas-ventre et tu m’as demandé de te nettoyer. Il avait joui en toi, j’en avais des hauts le cœur tant cela me répugnait. Tu me maintenais fort afin que je ne puisse pas reculer. C’était la première fois que je touchais à contre cœur, et sans que je puisse le prédire, la dernière fois que je te touchais tout court. J’avais envie de dire non, de te repousser mais je n’y arrivais pas.

J’étais paralysé par le choc et la colère, et sans doute aussi le cachet. Je t’ai léché jusqu’à ce que tu me repousses et que tu repartes sans un mot. Je me suis précipité aux toilettes pour vomir j’avais rarement eu aussi honte de moi.

Je ne comprenais pas pourquoi tu étais si rude avec moi, certes je devais être puni mais ça prenait des proportions exagérées. Y avait-il autre chose que tu me reprochais et dont je ne m’étais pas rendu compte ? Et ce besoin de me droguer à chaque fois, comme si tu avais peur que je riposte ou que sais-je. Je t’avais juré fidélité je n’aurais jamais pu trahir ma promesse. Pourquoi voulais-tu à ce point que je ne sois plus moi-même ? Cela ne te ressemblait pas.

On aurait dit que tu te satisfaisais de ma souffrance, il y avait des échos à mon passé dans ce sentiment et je n’étais pas à l’aise avec ce sentiment.

IX

Je n’ai jamais revu cet homme chez toi, c’était sans doute une bonne chose, je ne sais pas comment j’aurais réagi. Je pense que je n’aurais pas fait grand-chose, nos relations s’étaient améliorées ça n’aurait eu aucun sens de te décevoir à nouveau. Même si je le détestais de toute mon âme et que j’aurais voulu le tuer, par pure jalousie. Il n’avait pas l’air de t’aimer. Pas comme je t’ai aimé moi en tout cas, alors pourquoi lui pouvait te toucher de la sorte alors que moi je n’avais plus droit à rien ?

Peut-être le voyais-tu à l’extérieur mais je préférais ne pas le savoir, j’en souffrais déjà suffisamment, autant rester dans des suppositions que dans une vérité qui fait mal. Je tâchais d’oublier ce qui c’était passé cette nuit-là même si ça revenait parfois dans mes rêves.

Tu savais mon sommeil agité et pour m’aider tu me donnais des cachets pour que je dorme, mais je ne les prenais pas souvent. Je me sentais toujours bizarre après. J’avais l’impression de moins bien réfléchir et comme c’était tout ce qu’il me restait je ne voulais pas le mettre en péril.

Mais quelquefois c’était agréable de ne plus penser. J’avais l’impression que ça ne s’arrêtait jamais, je réfléchissais de manière perpétuelle alors ces petits moments de calme était parfois nécessaires. Cependant j’avais peur de devenir un zombie, c’est ça que tu attendais de moi ? Que je sois vide à l’intérieur ? Il y avait déjà si peu de chose tu ne craignais rien. Un corps à ta merci, sans esprit ni réflexion pour éviter les protestations ? Tu n’avais qu’un mot à dire et j’aurais fait n’importe quoi, pas besoin de cachet pour ça, j’aurais tout donné pour toi, pourquoi ne le voyais-tu pas ? J’étais ton pantin volontaire, mon existence ne tenait qu’à toi tu n’avais pas besoin de m’y forcer.

Tu es venue me voir un matin, tu paraissais soucieuse mais c’est comme si tu avais essayé de le cacher. Je t’ai demandé ce qui se passait quelque chose de grave, tu m’as répondu que non mais qu’il fallait que tu me parles. Mon sang n’a fait qu’un tour, je redoutais ce que tu allais dire. Étais-je arrivé au bout de ce que je pouvais t’apporter ? Tu te débarrassais de moi ? Notre histoire était finie ? Je me suis mis à imaginer des tas de choses, à toute vitesse, plus je pensais plus ça allait vite, j’en avais la nausée. J’ai pris une grande inspiration pour me calmer et j’ai attendu que tu parles.

À force d’y penser tu avais enfin trouvé un moyen pour que je puisse te rembourser mes frais de scolarité. Tu m’as expliqué que ce serait très simple, il me suffirait de rendre service à quelques-uns de tes amis. Je n’y voyais aucun inconvénient, j’aimais rendre service cela ne me posait aucun problème, au contraire, j’en avais marre de ne servir à rien. Cela me permettrait en plus de rencontrer de nouvelles personnes, tes amis qui plus est ! J’avais suffisamment regagné ta confiance pour obtenir ce privilège.

Tu m’as embrassé sur la joue en souriant, tu savais que tu pouvais compter sur moi. J’allais justement pouvoir faire mes preuves dès cet après-midi avec une de tes plus proches amies. J’ai demandé de quels types de services il s’agissait, tu as simplement dit que je le saurais bien assez tôt mais que je devais être propre et soigné. C’était une évidence, je me devais d’être présentable, surtout devant tes amis, il était hors de question que je te fasse honte.

Elle est arrivé à 14 heures pile, tu l’as chaleureusement accueilli mais tu n’as pas fait pas les présentations tu étais pressé de partir. Tu nous as dit de bien nous amuser et sur le coup je n’ai compris pourquoi tu avais autant insisté sur les mots. Je me suis présenté mais ça n’a pas été réciproque. Je lui ai demandé si elle voulait boire quelque chose et quel était le service pour lequel elle avait besoin de moi. Elle a poliment décliné et m’a demandé de la suivre dans ma chambre, quand elle m’a demandé de me déshabiller j’ai tout de suite compris.

Je suis resté près d’une heure sous la douche après qu’elle soit partie. Je me sentais si sale, si honteux mais j’étais trop en colère pour pleurer. Elle avait été douce et ne semblait pas vouloir me faire plus de mal que la situation de m’en imposait. Elle était très jolie et peut-être que dans d’autres circonstances… je me sentais d’autant plus souillé à avoir ce genre de réflexions. Je n’avais pas réussi à dire non, je n’avais pas envie mais je ne voulais pas vous décevoir alors je me suis forcé. Elle m’avait forcé. Violé.

Tu es arrivé quelque temps après alors que je préparais le repas, tu m’as demandé comment ça c’était passé, avec un petit sourire en coin. Je n’ai pas répondu j’ai juste dit que je ne me sentais pas très bien et que je passerai la soirée dans ma chambre. Il fallait que je change les draps et que j’aère la pièce afin de chasser les mauvaises ondes qui y régnaient. Que voulais-tu que je te réponde d’ailleurs ? Je voulais rencontrer tes amis oui, mais pas comme ça !

Pourtant à partir de ce jour j’ai rendu service à tes amis au moins une fois par semaine, et tous n’étaient pas aussi bienveillants. Tu étais devenue ma maquerelle. Je n’étais qu’un peu plus ton esclave.

X

Même si cette expérience était traumatisante et me faisait me sentir toujours un peu plus sale, inutile, il n’y avait pas que des mauvais côtés. Au point où j’en étais le moindre geste que tu pouvais faire en ma faveur je les acceptais volontiers, aussi minimes soient-ils. Comme tes clients, parce que je ne suis même pas sûr que tous soient tes amis, pouvaient arriver à n’importe quel moment, que tu sois là ou pas, je n’étais plus systématiquement attaché quand tu quittais l’appartement.

Je devais avoir l’air présentable et libre de mes mouvements, tu essayais de leur faire croire que c’était de mon plein gré ? Je ne devais pas avoir l’air d’un animal en cage, c’était mauvais pour le business ?

J’étais tellement en manque d’attention que malgré ce qui se passait, quand certains voulaient parler un peu je ne m’y opposais pas. Ça me donnait l’impression de ne pas être qu’un défouloir. Ils me considéraient tout à coup comme une vraie personne, plus juste une poupée gonflable vouée à leurs désirs. C’était surtout le cas de celles qui étaient gentilles avec moi pendant l’acte, mais ce n’était pas le cas de toutes les femmes, et pratiquement tous les hommes qui venaient ici faisaient preuve d’une certaine violence.

Je n’ai jamais ressenti d’attirance pour les hommes et je n’aimais vraiment pas ça. Je me sentais toujours un peu soulagé quand je constatais que c’était une femme qui arrivait. Avec les hommes je me sentais encore plus mal, déjà parce que physiquement ça faisait plus mal, mais je me sentais encore plus dépossédé de moi-même.

Je faisais fréquemment des cauchemars en rapport avec ces viols, je me réveillais trempé de sueur, tremblant, espérant que ce n’était que de mauvais rêves mais rapidement la réalité me rattrapait et les images revenaient me faisant regretter de m’être réveillé. Je ne parvenais plus à me regarder dans un miroir je me dégoûtais.

J’avais à nouveau envie de mourir, je ne voulais plus que ça continue. Tu avais réussi à détruire tout ce que l’on avait essayé de reconstruire. Comment en étions-nous arrivés là ?

Ce qui me donnait la force de tenir, c’est que grâce à ma « liberté » de mouvement retrouvée je pouvais à nouveau aller sur internet pour me cultiver. Je me réfugiais encore un peu plus dans l’univers mathématique et les quantités gigantesques d’informations qu’il m’offrait. Je passais des heures entières sur des forums, à échanger avec des passionnés. J’avais enfin l’opportunité de communiquer avec des gens qui me comprenaient, j’avais l’impression d’être moins seul.

Bien sûr aucun de mes nouveaux interlocuteurs ne savait comment je vivais, j’étais là pour me changer les esprits pas pour me plaindre. Et puis je postais généralement peu de messages, je n’avais pas grand-chose à apporter et l’extérieur avait fini par m’effrayer un peu. À force de t’entendre dire que cela pouvait être néfaste pour moi j’avais fini par intégrer l’information. Même si souvent j’avais l’impression que ce mal venait de l’intérieur.

Quoi qu’il en soit j’échangeais avec des inconnus, qui ne sachant rien de moi ne pouvaient pas me trouver méprisable, c’était reposant. J’ai rapidement eu une idée, qui même si elle me faisait culpabiliser m’apparaissait comme une bouffée d’oxygène à porter de clavier. Mais ça allait prendre du temps et me demander de l’organisation, je n’aurai pas le droit à l’erreur. Pour ça il fallait que quelqu’un passe à l’appartement, c’était bien la première fois que j’attendais ça mais je savais qu’il le fallait, c’était la première étape du plan !

Je n’ai pas eu à attendre longtemps. Quelques jours plus tard, il était là. Et sans le savoir c’était une proie idéale. Il était venu plusieurs fois, j’ignore si c’était son vrai prénom mais je devais l’appeler Jo. Il était venu plusieurs fois, c’est même avec lui que j’avais eu ma première expérience homosexuelle. Je connaissais toutes ses habitudes, ce serait plus facile que je ne l’avais imaginé.

Il m’a violé avec les mêmes gestes, les mêmes demandes, les mêmes soupirs que d’habitude. Je restais concentré sur mon objectif sans desserrer les dents, j’attendais le moment où il irait prendre sa douche, juste après avoir terminé.

Après un dernier baiser où il me disait qu’il était désolé. J’ai attendu d’entendre l’eau couler dans la douche pour prendre son téléphone dans sa poche de pantalon, je devais quand même faire vite. Je n’ai envoyé qu’un seul message, une adresse de forum et un pseudo, demandant expressément au destinataire de ne répondre à ce message sous aucun prétexte. J’ai effacé les traces de mon incursion et j’ai attendu qu’il parte avant de sourire un peu.

Je n’avais plus qu’à attendre, je ne savais pas si ça avait fonctionné, s’il avait lu le message, s’il avait compris. Je me suis connecté au forum et j’ai attendu, mais rien… j’essayais de me dire que c’était normal, je venais à peine d’envoyer le message mais j’étais inquiet que cela n’ait pas marché.

Rien dans les heures qui suivirent non plus. Je commençais à perdre espoir, mais je retenterai, je n’avais pas été démasqué c’était le signe que je pouvais recommencer. Je devais seulement rester concentré pour ne pas me trahir auprès de toi, je devais faire comme si de rien n’était et maîtriser mes impatiences. Si tu te mettais à douter de quelque chose ce serait la fin de ma liberté et je ne pouvais pas me le permettre.

Je suis retourné sur le forum quelques heures plus tard. Ça avait fonctionné !

Ça faisait longtemps que je n’avais pas pleuré de soulagement.

 

XI

[Vous avez un nouveau message]

/Bonjour Matthias, j’ai été très surpris de recevoir ce SMS de ta part mais c’est une très belle surprise. J’espère que tu vas bien et que tu es heureux. Je pense souvent à toi tu sais, ça m’a fait très plaisir de te voir l’autre fois mais tu avais l’air un peu soucieux.  J’espère que ce n’était rien de grave.

J’ai hâte de te lire et je t’embrasse.

Hugo Galite/

Je n’ai pas pu contrôler les larmes qui se sont mises à couler sur mes joues. Mon plan avait fonctionné comme je l’espérais. Il voulait de mes nouvelles. Il s’inquiétait même pour moi, même si ça n’avait pas vraiment lieu d’être, je ne suis pas le genre de personne dont le sort peut être intéressant. Mais nous allions pouvoir échanger, ce serait une petite lueur d’espoir dans la morosité de mes journées. J’ai immédiatement répondu.

/Bonjour Monsieur ! Je suis si ravi de vous lire, je suis très touché que vous preniez la peine de m’écrire. J’espère de tout mon cœur que vous allez bien. Moi, ça pourrait être pire, j’aimerai sortir plus souvent pour vous voir mais je n’en ai pas le droit. C’est pour ça que j’ai eu cette idée de communication. Mais vous n’avez pas à vous inquiéter pour moi, je ne le mérite pas et je vais bien. Je ne suis pas à proprement dit maltraité, je fais encore des erreurs il est normal que je sois puni.

Lorsque nous nous sommes vu, oui, j’étais un peu soucieux mais ce n’était qu’une broutille ne vous en faites pas. Je suis en bonne santé.

J’essaierai de vous faire inviter à la maison si cela vous dit, ça me ferait très plaisir.

Je vous embrasse, j’espère avoir de vos nouvelles rapidement.

Matthias/

J’ai relu mon message après l’avoir envoyé. Quelles horreurs avais-je écrit ?! Je n’étais vraiment bon à rien. J’ai immédiatement tenu à me corriger.

/PS : je ne suis pas DU TOUT maltraité ! Ce n’est pas ce que je voulais dire, oubliez ces vilains mots s’il vous plaît. Je vais bien c’est ce qui compte. /

J’ai envoyé le rectificatif en soupirant. Déjà qu’il disait s’inquiéter, ce n’est pas en lui racontant des inepties que la situation aller s’améliorer, il fallait vraiment que je fasse davantage attention à ma manière de m’exprimer.

J’ai effacé les traces de mon passage sur le forum, je ne voulais pas mettre ce moyen de communication en péril. Tu surveillais les sites que je consultais et je ne devais rien faire qui puisse éveiller tes soupçons. Ce serait dur de résister à l’envie de consulter mes messages quand tu serais là mais j’essaierai de ne pas trop y penser. Mon attitude corporelle ne devait pas me trahir non plus, et vu le large sourire qui était installé sur mon visage ça ne semblait pas gagné d’avance. J’ai consulté d’autres sites un peu au hasard pendant une heure puis j’ai commencé à préparer le repas, tu avais manifesté un désir de manger indien, ça me prendrait du temps.

J’étais encore en train de cuisiner lorsque tu es rentrée. J’avais répété afin de paraître le plus naturel possible. Je savais que si tu devais remarquer un changement ce serait au premier regard, tu lisais en moi comme dans un livre et je n’étais pas le meilleur pour cacher mes émotions.

Comme tu n’as rien dit j’ai compris que j’avais progressé, ce n’est pas quelque chose que tu aurais laissé traîner, le moindre sourcil que je fronçais me valait un interrogatoire, pareil si j’avais le malheur d’un peu sourire, je n’en avais pas le droit non plus. En même temps, j’en avais peu l’occasion.

Tu as été prendre ta douche pour me laisser le temps de terminer le repas. Je posais les assiettes sur la table lorsque tu es revenue, entièrement nue. J’ai étouffé un gémissement incompréhensible en essayant de ne pas trop rougir. Tu étais évidemment libre d’agir à ta guise mais si c’était une tentative de torture psychologique, ça fonctionnait plutôt bien. Je n’avais pas vu ton corps depuis si longtemps, tes caresses me manquaient, et tu le savais. J’ai instantanément senti une puissante érection s’installer entre mes jambes sans que je puisse y faire quelque chose. J’avais peur que tu le remarques et que tu te fâches ou te moques mais il n’en fut rien. Tu as commencé à manger comme si de rien était.

Une fois que tu as eu fini j’ai rapidement débarrassé et j’ai couru m’enfermer dans ma chambre pour me masturber. Je ne tenais plus, mon sexe me faisait mal tant il était gonflé.

J’avais lutté pour détourner le regard de tes seins pendant le repas, un peu en vain, et ça tu l’avais bien remarqué. Tu en as même joué un peu en faisant accidentellement tombé de la sauce sur ta poitrine pour l’essuyer lentement en me regardant du coin de l’œil.

J’ai joui rapidement en pensant à toutes ces fois où nous avions fait l’amour. C’était si loin maintenant. Mes seuls rapports sexuels maintenant me dégoûtaient plus qu’autre chose, je ne comprenais toujours pas pourquoi tu avais choisi de m’infliger ça.

Quand je suis revenu dans la cuisine pour faire la vaisselle j’ai constaté que tu t’étais rhabillé, tu t’es collé derrière moi et m’as demandé si ça m’avait plu. J’ai rougi jusqu’aux oreilles en hochant la tête, un peu honteux. Tu as souri  et expliqué que c’était en quelque sorte une récompense, j’avais fait des progrès récemment et je méritais bien un cadeau. Je t’ai remercié sans relever les yeux, tu me faisais à nouveau confiance et m’accordais ce présent alors que j’avais passé l’après-midi à te trahir, je n’étais vraiment bon à rien.

J’ai eu envie de tout te dire, que je n’étais qu’un minable qui ne te méritait pas et qui ne servait qu’à te décevoir. Mais une petite voix m’a intimé de me taire et de ne rien laisser transparaître, ce n’était pas le moment de tout gâcher. Il fallait que je garde ce petit jardin secret pour moi, j’aurais tout fait pour le protéger.

XII

Nous correspondions de manière régulière avec Monsieur Galite. C’était vraiment un moment de liberté même si je culpabilisais de te le cacher, ne sachant pas comment tu réagirais, je préférais rester discret. Et Hugo était de mon avis. Il avait insisté plusieurs fois pour que je l’appelle par son prénom mais ça me faisait toujours bizarre, j’avais peur qu’on devienne trop proche je crois, je savais que j’aurais beaucoup de mal à m’en remettre si jamais on ne parvenait plus à communiquer.

Il me posait beaucoup de questions sur ma vie avec toi et ma vie d’avant, on n’avait jamais trop eu l’occasion d’en parler. Ça me faisait du bien d’enfin pouvoir en parler, il semblait choqué de ce que je lui disais mais j’avais fini par trouver tout ça normal, par habitude. Je lui parlais de Maryline, tu ne l’aurais pas aimé je crois, de sa disparition étrange et de ma conviction qu’elle était là quelque part, tout près, et qu’elle continuait de veiller sur moi malgré tout, que rien de grave ne lui était arrivé.

Il a fini par m’avouer que lui aussi avait perdu quelqu’un, sa fille a disparu il y a quinze ans alors qu’elle rentrait du collège. Lui non plus n’avait pas perdu espoir qu’elle revienne un jour. Du moins pendant trois mois, jusqu’à ce que les autorités retrouvent son corps dans le bois de Vincennes, accompagné d’une lettre d’adieux. Je n’avais pas voulu poser trop de questions, je ne voulais pas lui faire revivre cette époque, il m’a juste dit que c’était au moment de son divorce et qu’ils n’avaient pas su la préserver, leurs égoïsmes leur avait fait perdre ce à quoi il tenait le plus sur cette terre. Je crois que c’est pour ça qu’il tenait tant à aider les jeunes défavorisés comme il l’avait fait avec moi. Il se sentait coupable de n’avoir rien pu faire pour sa fille.

Ces discussions me faisaient du bien, j’avais vraiment besoin de ne pas être seul. Tu étais de plus en plus distante avec moi, même si cela signifiait que tu ne me frappais plus je ne crois pas que la situation était idéale pour autant. J’ai fini par lui faire une proposition un peu risquée. Je devais aller faire des courses dans le centre de Paris et j’avais très envie de le voir. Peut-être pouvait-il fermer son kiosque une heure ou deux pour me rejoindre !

Ma puce GPS ne trahirait rien puisque je serai à l’endroit prévu, il n’y avait rien de louche à cela. Et Paris était grand nous pouvions nous retrouver par pur hasard. À mon grand bonheur il a accepté, même si nous nous sommes mis d’accord pour faire preuve d’une grande prudence, en jouant notamment la surprise et en ne parlant pas de toi, de peur que quelqu’un me reconnaisse. Le rendez-vous était pris, Grande Épicerie de Paris pour 15h30.

Heureusement que tu n’étais pas là quand je suis parti tu aurais sans doute trouvé étrange que je sois aussi guilleret, et puis j’avais fait un effort de présentation. La chemise que tu m’avais offerte pour que la pute que j’étais devenue soit présentable devant ses clients me servirait pour une fois à me sentir élégant et beau.

Je ne sais pas si mon interprétation de la surprise était crédible mais nous nous sommes tombés dans les bras tels de vieux amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps. Je suis quand même parvenu à retenir mes larmes. Je transgressais tous les interdits mais ça en valait la peine, je n’avais rien ressenti de tel depuis longtemps. Trop longtemps. Je ne sais pas comment décrire ce que je ressentais précisément à ce moment-là mais c’était véritablement bénéfique.

Depuis cette fois-là on avait pris l’habitude de se rencontrer régulièrement. Hugo trouvait toujours le moyen de venir et jamais les mains vides. Il m’apportait souvent du chocolat ou des gâteaux c’était mon péché mignon mais comme c’était mauvais pour la santé tu m’interdisais d’en manger.

Je me souviens parfaitement de ce jour de septembre où tout à failli être révélé. Notre rendez-vous était fixé depuis trois jours déjà, comme toujours on prenait nos précautions pour être le plus discrets possible mais quand tu m’as annoncé que tu venais avec moi j’ai cru que j’allais faire une attaque. Tu voulais m’emmener quelque part après et ce serait plus simple qu’on passe l’après-midi ensemble. J’ai essayé de rester le plus neutre possible mais intérieurement j’étais paniqué.

Je ne pouvais pas prévenir Hugo que notre mission était annulée. Je m’imaginais tous les scénarios possibles essayant d’anticiper ta réaction et mes excuses. J’essayais de ne pas trembler, le compte à rebours de notre entrée dans le magasin défilait bien plus vite que je ne l’aurais voulu.

Finalement, beaucoup plus de peur que de mal, Hugo nous a vus entrer tous les deux, a fait un très léger signe de tête avant de se diriger vers les caisses, en prenant soin de rabattre sa capuche sur sa tête. Il semblait si calme comparé à toute mon agitation intérieure, j’étais impressionné par tant de sang-froid. J’ai soupiré de soulagement quand il a quitté le magasin, mon corps s’est détendu d’un coup. Nous avions eu chaud pour cette fois mais il nous faudrait être encore plus vigilant.

XIII

Un an avait passé depuis que tu avais changé ma vie, un an que je ne vivais que pour toi. Mon amour grandissait un peu plus chaque jour, et je faisais au mieux pour te le montrer. J’avais appris à ne plus te décevoir, à te rendre heureuse, à satisfaire tous tes besoins.

Je ne pouvais pas me permettre de ne pas être parfait. Tu étais exigeante et c’était la moindre des choses après ce que tu avais fait pour moi. Certes il y avait des décisions et des actes que je ne comprenais pas mais je savais que tu avais tes raisons alors je laissais faire et j’obéissais. Jamais je n’aurais pu te contredire.

J’espérai qu’aujourd’hui aucun de tes clients ne viendrait. Je voulais profiter de cette journée d’anniversaire sans me faire souiller. Tu étais partie à un rendez-vous mais tu avais promis de rentrer tôt, et avec une surprise. C’est plus que ce que je ne pouvais espérer. Je n’avais pas été habitué à recevoir des cadeaux d’anniversaire et le fait qu’il vienne de toi ne faisait qu’accroître mon plaisir.

J’étais un peu stressé, j’espérais être à la hauteur. Tu es revenu juste après le déjeuner, les mains vides. J’ai tenté de ne pas montrer ma déception, le cadeau était peut-être à l’appartement depuis plusieurs jours après tout. Tu m’as dit qu’en réalité il se trouvait en ville. Nous sommes sortis, j’aimais me promener avec toi, tu étais si belle, je me sentais fier d’être vu à tes côtés.

Nous avons marché une vingtaine de minutes avant d’arriver devant un salon de tatouage, je n’étais pas sûr de très bien comprendre. Ça te faisait plaisir de m’offrir un tatouage pour fêter notre première année de vie commune. Ce serait un bon moyen de ne jamais oublier la date. Tu te ferais faire le même mais un peu plus tard, tu te sentais trop fatiguée pour passer sous des aiguilles.

Je n’y avais jamais réfléchi, je ne savais pas si je voulais un tatouage, ce n’est pas un acte anodin. Mais tu avais raison ce serait un bon moyen de marquer le coup. Et puis je ne pouvais rien te refuser alors j’ai accepté. Tu t’es isolé un peu à l’écart avec le tatoueur qui semblait être un ami à toi. Je ne sais pas de quoi vous parliez et cela ne me regardait pas mais j’ai entendu des mots comme « esclave » « possession » « naïf ». J’ai focalisé mon attention sur les flashs disponibles pour ne pas être tenté de vous écouter.

Ce serait la date de notre rencontre, tu avais choisi une très jolie typographie, j’étais très ému. Tu as choisi l’endroit, je le porterai sur le torse, près du cœur.  J’ai hoché la tête en guise d’acceptation et je me suis installé. Ça a été rapide bien que douloureux, j’ai dû fortement prendre sur moi pour ne pas couiner, je ne pouvais pas me permettre de paraître faible, j’espérais cependant que tu ne voudrais pas que j’en fasse d’autre par la suite. Ce n’est pas une expérience que je souhaitais revivre.

Le tatoueur m’a laissé regarder le résultat avant de faire le pansement. La date rendait très bien mais il avait aussi tatoué ton nom ! Ce n’est pas ce qui était prévu, j’ai demandé pourquoi cela avait été fait sans mon accord, et ça ne t’a pas plu. Tu t’es mise à crier que si ton prénom me faisait honte je n’avais qu’à repayer un tatouage pour le couvrir mais que comme j’étais trop idiot pour trouver un travail je n’avais pas d’argent. Que tu ne me pensais pas capable d’autant d’ingratitude, de toute manière je t’appartenais je n’avais pas mon mot à dire, tu faisais ce que tu voulais de moi. Je n’étais qu’une merde qui ne savait rien faire par moi-même, un déchet que tu traînais comme un fardeau depuis un an déjà !

Je t’ai supplié de me pardonner, je ne t’avais jamais vu aussi en colère. Mais ce n’était pas ce que je voulais dire, je n’avais pas honte de ton nom, j’étais seulement un peu surpris mais j’en étais honoré. C’était une véritable preuve de notre amour. Tu as arrêté de crier mais tu étais toujours fâchée, tu m’as ordonné de rentrer à la maison pendant que tu allais te calmer de ma bêtise.

Je suis rentré, un peu confus, je ressassais tes mots en boucle, tu étais énervée et on dit toujours des choses que l’on ne pense pas ou que l’on exagère. Mais tu avais raison, je n’étais rien, mais pour la première fois ça me faisait mal. Ta colère n’était pas justifiée, j’avais simplement posé une question, c’était mon corps et c’est moi qui devais avoir le dernier mot dessus. Je ne voulais pas paraître irrespectueux.

Ce n’est qu’une fois dans l’ascenseur, en voyant mon reflet, que je me suis rendu compte que je pleurais. J’ai raconté ce qu’il venait de se passer à Hugo, pas pour me plaindre mais peut-être saurait-il me rassurer. Il était connecté et m’a répondu immédiatement, il disait être inquiet pour moi, que je sois tombé sur quelqu’un comme toi qui ne savait pas ce qu’était l’amour. Il avait peur que je sois en danger et m’a conseillé de fuir. En attendant il restait disponible si jamais ça n’allait pas. Il voulait que je fasse attention à moi.

Tu es rentrée avant que je ne puisse lui répondre mais j’étais soulagé, tu souriais. Tu semblais calmée, tu t’es excusée, effectivement tu avais surréagi mais tu avais juste eu peur que je ne t’aime plus. Tes mots me faisaient toujours mal et ceux d’Hugo me laissaient perplexe. Mais je t’ai pardonné.

XIV

Et puis il y a un jour où on sait que plus rien ne sera comme avant. Que tout est gâché. La journée avait pourtant plutôt bien commencé tu semblais de bonne humeur, tu m’avais félicité pour le petit déjeuner. Tu souriais. Personne n’aurait pu prédire ce qui allait se passer.

Encore maintenant j’ai du mal à y croire, et je tremble de colère et d’incompréhension à chaque fois que j’y pense. Tu m’as demandé si j’allais faire les courses aujourd’hui ou si j’avais prévu autre chose. Je préférais faire les courses il y avait moins de monde, et Hugo était davantage disponible. Je n’ai donné que le premier argument évidemment. Tu as acquiescé et as été prendre ta douche.

En sortant de la salle de bain tu n’étais plus la même. Tu as d’abord violemment jeté ton téléphone au sol puis tu as commencé à te plaindre que l’appartement était sale et que je n’étais bon à rien. Je ne vivais ici que pour profiter de ton argent. Tu avais un goût bizarre dans la bouche alors forcément j’avais tenté de t’empoisonner, pour récupérer ton argent et ton appartement. Tes propos n’avaient aucun sens.

J’ai tenté de me défendre en disant que c’était évidemment faux, les produits étaient frais et je n’avais rien ajouté dedans, je me foutais de ton argent. Jamais je n’aurais voulu te faire du mal. Je t’aimais, j’aurais tout fait pour te satisfaire, je n’allais plus te décevoir. Un discours que j’avais déjà répété mille fois et auquel je ne croyais plus vraiment. Ton comportement des dernières semaines me faisait me poser beaucoup de questions je ne savais plus trop comment gérer la situation. D’habitude ça suffisait à te calmer mais là non.

Je me suis instinctivement protégé le visage quand tu as commencé à me frapper. Docile, j’attendais que ça passe, je savais encaisser les coups et cela ne ferait que quelques marques de plus. Mais tu ne t’arrêtais plus, tu cognais encore et encore, j’étais au sol, immobile.

Les coups faisaient aussi mal que les mots. Tu ne m’avais jamais aimé. Je n’étais qu’un déchet qui avait encombré ta vie si paisible alors que tu n’avais rien demandé. J’étais anéanti, je comprenais enfin que tu m’avais menti, mais pourquoi ? Cela n’avait aucun sens. Tout se mélangeait dans ma tête, je te suppliais de me laisser une seconde chance. Tu m’aimais au fond de toi je le savais, tu me l’avais trop dit pour que ce ne soit pas vrai. Il fallait que ce soit vrai, je ne pourrais pas continuer si tu n’étais plus là.

Tu as rigolé. Ce que je pouvais être naïf. Tu continuais de me frapper, je sentais mes os et mes articulations se meurtrirent sous ta folie. J’avais de plus en plus de mal à rester conscient, peinant à respirer. Je perdais du sang par tellement d’endroits que j’ignorais si je pourrais lutter encore longtemps.

Quand tu t’es arrêtée j’ai cru que c’était terminé, j’ai tenté de reprendre mes esprits. Tu es sortie de la pièce, c’était fini. Tu viendrais t’excuser plus tard et tout redeviendrait comme avant. Mais non… Tu es revenue avec une seringue et un petit flacon que je n’avais jamais vus. Tu t’es assise sur moi, en appuyant là où les plaies étaient le plus visible. Lentement tu as préparé ce qui allait te libérer du fardeau que j’étais, personne ne me regretterait puisque personne ne saurait que j’étais mort.

Je ne voulais pas mourir. Pas comme ça. Pas pour toi. Plus pour toi.

Je ne sais pas où j’ai puisé mes forces mais j’ai réussi à te frapper au visage. Ça t’a surprise, tu as perdu l’équilibre basculant au sol. Je me suis jeté sur toi avant que tu n’aies le temps de te redresser. J’ai posé mes mains sur ton cou et j’ai commencé à serrer. Fort. Sans vouloir m’arrêter, je n’étais plus vraiment moi-même. Plus tu te débattais plus je serrais, cognant ta tête contre le sol.

Puis tu as arrêté de bouger, de respirer. J’ai vite réalisé ce que je venais de faire, mais trop tard, tu ne réagissais plus. Je ne sais toujours pas décrire ce que je ressentais à ce moment-là. J’avais peur, mal, j’étais triste, en colère, soulagé aussi je crois. J’ai rampé jusqu’au téléphone, non sans difficulté, et j’ai appelé Hugo, en pleurs. Il fallait qu’il vienne, vite ! Que c’était grave et urgent qu’il fallait appeler la police, j’étais un assassin, un monstre. Il fallait…

J’ai dû m’évanouir avant de terminer ma phrase puisque je me suis réveillé à l’hôpital en début de soirée. Tout m’est immédiatement revenu en tête, j’étais un monstre je me suis mis à pleurer. Hugo que je n’avais pas vu dans la chambre m’a pris la main doucement et m’a dit de me calmer. Que ça irait mais que je devais me reposer, il fallait que je reprenne des forces. Je ne voulais pas je voulais mourir. Je t’ai tué comment pouvais-je encore être en vie ? Qu’est-ce qui s’était passé pour que tu pètes les plombs à ce point ? On ne connaîtra jamais la réponse mais ça n’avait aucun sens. Je ne voulais pas le savoir de toute façon.

Un médecin est entré dans la chambre et m’a demandé comment je me sentais physiquement. J’avais mal partout, mon visage semblait comprimé dans un casque tellement il y avait des pansements. Quatre côtes fêlées, un poumon perforé, le poignet droit brisé, des dents en moins et trente points de suture en tout et une légère commotion cérébrale. J’avais eu de la chance.

De la chance ?! Quelle chance y avait-il à t’avoir tué ? Je lui ai demandé de sortir, si c’était pour ce genre de bêtise il pouvait s’abstenir de parler.

Le lendemain matin deux policiers sont venus m’interroger, ils avaient interrogé Hugo avant je crois vu qu’ils savaient pas mal de détails.

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