I don’t love you

Je ne m’aime pas. Ou plutôt je ne m’apprécie pas. C’est ça ! Je me déprécie. Tout le temps, quelle que soit la cause, les circonstances, les moments.

« Tu aurais pu mieux faire ! »

« Mais pourquoi j’ai dit ça ? »

« Tu viendras pas te plaindre quand je serais seule et malheureuse »

« Fallait pas réagir comme ça »

Je suis toujours dans le jugement de cette autre personne, qui est moi, mais qui ne sait jamais comment correctement faire les choses. Un moi dont j’aimerai me débarrasser. Et je lui dis « tu » parce que c’est toujours plus facile d’en vouloir à l’autre.

Pourtant je sais avoir de l’empathie pour autrui, car je sais que c’est l’un des fondamentaux d’une communication réussie. Cela permet d’éviter bien des méprises et des conflits, si on arrive à se mettre à la place de l’autre, on peut plus facilement comprendre ce qu’il l’a mené à agir de telle ou telle manière.

Mais envers moi-même, jamais je ne m’octroie le minimum d’empathie nécessaire à une vie épanouie. Il n’y a jamais d’excuse acceptable quand c’est moi qui suis en tort. Je suis pourtant prête à excuser une personne en retard d’1h30 sans aucun souci, mais si j’ai le malheur d’avoir 5 petites minutes de retard je vais m’excuser 10 fois et ressasser des heures et des heures tout ce temps que je n’aurais pas dû perdre pour ne pas le faire perdre à mon interlocuteur.

J’accepte beaucoup, trop, de chose même blessante car partant du principe que je ne mérite rien, lorsqu’on « m’offre » quelque chose de négatif c’est déjà plus que ce à quoi j’aspire. Les gens m’ont accordé du temps, même si c’est au final pour me faire du mal c’est déjà qu’ils se sont intéressé à moi. C’est déjà un cadeau qu’ils me font, n’en demandons pas trop.

J’aimerai être comme ces gens plein d’assurance qui ont l’air de ne douter de rien. Evidemment ils doutent, ils restent des êtres humains, mais ils parviennent à ne pas le faire transparaître. Tout à l’air tellement plus facile pour eux, cette insouciance que rien n’est grave me fait un peu rêver. Ne pas passer son temps à tout calculer, quoi dire, comment réagir, « ne croise pas les bras comme ça il va croire que ce qu’il dit ne t’intéresse pas ». Ils peuvent tout simplement profiter du moment présent sans trop avoir peur.

C’est assez fatiguant d’être dans cette intransigeance de tous les instants, sortie de nulle part. De ne jamais pouvoir agir comme je le voudrais parce qu’il faut que je contrôle mes interactions car à défaut d’avoir des qualités qui me rendent aimable la moindre des choses c’est quand même de ne pas déranger.

Il n’y a pas que pour mes relations aux autres que je suis ainsi, ça fonctionne avec tout ce que j’entreprends, je ne suis jamais assez douée. Quand je cuisine c’est toujours trop fade, ce que j’écris est plat et vide de sens, je ne sais pas chanter, je dessine mal, je ne suis pas assez cultivée, je suis idiote…

Ça doit venir de plein de choses enfouies en moi évidemment… Mais des autres un peu aussi. De mon entourage qui pendant longtemps m’a reproché tout un tas de chose. Je n’étais jamais assez bien, assez belle, assez intelligente.

Quand votre meilleure amie, dont vous être amoureuse et qu’elle le sait mais s’en fout, passe ses journées à vous répéter « Tu sers à rien ! » et que ça fait rire tout le monde au point de devenir votre sonnerie sms… ça laisse des traces.

Mais au fond ce n’est pas faux… je ne sers pas à grand-chose. Je n’apporte rien au monde et une des choses qui me terrifie le plus c’est que quand je serais morte, volontairement ou pas, ça ne changera rien à la vie des gens. Je ne souhaite pas que l’humanité entière me pleure évidement, mais il y a des gens pour qui j’aimerai que ça compte, mais je n’aurai rien fait pour, alors ça ne comptera pas.

Il y a une petite part au fond de moi qui sait que c’est faux. Il y a des gens qui tiennent à moi, des gens qui m’aiment qui ne me trouve pas vide d’intérêt, des gens pour qui je compte. Cette même petite voix qui me fait sourire quand je me regarde dans le miroir et que je me trouve jolie. Cette voix qui exulte quand on me dit que j’ai réussi telle ou telle chose, que je suis drôle, quand on me remercie d’être là, tout simplement.

Cela met aussi en lumière le fait qu’il faut bien s’entourer. Ce que j’ai mis du temps à comprendre, rien ne sert d’être beaucoup entourée si la qualité de mes relations est médiocre, mieux vaut avoir peu de quantité mais des relations de confiance de partage et d’amour que beaucoup de contacts qui ne sont là que parce que vous êtes un profil de plus sur les réseaux sociaux.

 

Tout le monde à quelque chose à apporter au monde.

Ne laissez personne vous faire croire le contraire !

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