Antidépresseurs et Bibliothéque

Il y a un an, le 1er juin, précisément, je démissionnais. D’un travail qui ne me plaisait plus pas tant à cause des clients qui sont souvent insupportables et méprisants mais surtout à cause de mes collègues, des managers, du harcèlement, du siège qui bien qu’étant conscient des problématiques rencontrées en magasins continue d’édicter des routines toutes plus absurdes les unes que les autres (et pas rentables pour la plupart mais là n’est pas le sujet). J’ai donc démissionné, après deux mois d’arrêt maladie pour « stress traumatique lié à l’environnement (ou quelque chose du genre). Je n’arrivais plus à aller travailler, j’étais terrorisée à l’idée de passer huit heures minimum dans un tel lieu. Des que je prenais le métro pour me rendre là-bas je pleurais je suffoquais. Et c’était la même chose sur place. Même si « t’abuse un peu avec tes humeurs et ton soi disant mal de dos. C’est juste sue tu veux rester en caisse à rien faire ». Parce que oui, en plus des angoisse, j’avais développée depuis plusieurs mois une névralgie cervicobracciale (douleur intense du haut du coup à la moitié du bras) qui arrêtais bizarrement de me faire souffrir des que j’étais en congés ou du moins loin du magasin. Non je n’abusais pas, je ne pouvais pas porter plus de deux vêtements à la fois ni garder les bras en l’air pour ranger les rayons.

Passons sur les angoisses matérielles liées à ces arrêts et cette démission parce deux mois sans être payée et un solde de tout compte amputé de 700€ parce que « le mois dernier tu as trop touché » « j’ai touché 0€ ! » « oui bah… c’est comme ça c’est tout » (Je ne sais pas pour les autres entreprise mais celle ci compensait NORMALEMENT les versements de la sécu pour qu’on ait un semblants de salaires). J’ai eu la chance que mes parents puissent prendre la relève financière pour payer mon loyer le temps que ça aille mieux et qui n’ont rien dit une fois qu’au pied du mur je leur ai avoué ma situation dont ils ignoraient tout jusque là. Mi juin je pars en vacances avec des amis comme c’était prévu… et je dois rentrer à Paris. Un cabinet de recrutement m’appelle pour me proposer d’entrer à la sncf en tant qu’aiguilleur ferroviaire. Je me laisse tenter [spoiler alerte : après 5 entretiens, 3 visites médicales et 6 mois de formation de Bordeaux je suis en poste et plutôt satisfaite]. Ce n’est pas un travail de rêve mais c’est ce dont j’ai besoin pour le moment. Nous sommes donc début juillet, mentalement ce n’est toujours pas ça. J’ai l’impression d’être un boulet je ne sais pas quoi faire je tourne en rond. Il y a des jours où je ne peux pas sortir de chez moi sinon je me jette sous un métro, et des jours ou si je reste chez moi je saute du 4è. C’est une situation compliquée, je pleure beaucoup (mais c’est une habitude chez moi), je n’ai pas envie de tout le temps embêter mes proches.

Alors je me lance un défi. En un mois, lire un maximum, je mise sur 5000 pages ; et regarder un maximum de dvd, je n’ai pas beaucoup de concentration devant un écran. Je veux noyer mon esprit de la fiction, pour ne plus penser. Me couper de tout ce qui fait mal. Et ça marche un peu, je retrouve un peu d’équilibre. Je n’y suis pas arrivée toute seule, j’ai reçu beaucoup d’aide de mes proches et je les en remercie (surtout F mais tu le sais déjà, et je ne vais pas m’étendre ici sinon je vais encore pleurer et l’encre va se diluer je ne pourrais pas me relire !). C’était primordial pour moi de me sentir aidée, protégée, aimée. Changer d’air m’a fait du bien aussi même si j’étais réticente et je n’aime pas Bordeaux, le fait de voir de nouvelles choses de rencontrer de nouvelles personnes m’a aider à me déconnecter et à me recentrer. [ACDV 05/17 Cœurs sur vous]

Un petit point chiffres sur le défi ? Plus de 32000 pages lues, essentiellement dans le bus, ça m’aide à me concentrer et c’est une bonne alternative quand il fallait que je ne sois pas chez moi tout en dépensant le moins d’argent possible. Les bus ratp n’ont plus de secret pour moi. 105 films et pas mal de séries. Ma capacité en attention est très inférieur sur écran que sur papier. Et en finale, j’en retiens quoi ? Que oui noyer son esprit dans les mots d’autrui ça aide, mais ce ne sera jamais une solution viable sur le long terme. Ce qu’on enfoui fini tôt ou tard par ressortir et il faut l’affronter. Personne ne peux vous forcer à aller mieux et ça ne se fera pas par magie. Mais on peut vous aider. Ce n’est pas honteux de demander de l’aide ou de trouver des astuces pour atténuer les problèmes pendant un temps. Tout n’est pas parfait aujourd’hui, il y a des jours où c’est plus dur que d’autres mais globalement ça va.

Je vais bien !
(pour retrouver les références de ce que j’ai lu et vu c’est juste ici)

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